Existe-il une communication silencieuse entre humains?

Une de mes patientes d’une trentaine d’années me dit un jour avoir fait un rêve désagréable. Des cheveux emplissaient sa bouche sans qu’elle parvienne à les éliminer, car elle en régurgitait autant au fur et à mesure. Elle sentait grandir la menace de l’étouffement et se réveilla. Quelques jours plus tard, lors d’un repas de famille en présence de sa sœur et de ses parents, elle fit allusion au cauchemar. Quelle ne fut pas surprise d’entendre sa sœur dire qu’elle avait fait le même rêve, détail près qu’elle régurgitait des pâtes! C’est alors que sa mère dit avoir fait également le même rêve, au détail près qu’elle régurgitait du chewing-gum! Ces trois personnes habitaient à des centaines de kilomètres les unes des autres et avaient fait ces rêves la même nuit… Voici un exemple de communication silencieuse entre un thérapeute et une personne de son entourage. Cette histoire m’a été rapportée personnellement par Alice une des filles d’un thérapeute hors du commun. Voici cette anecdote telle qu’elle l’a décrite dans un ouvrage parlant de son père: « il n’expliquait pas comment il communiquait à un niveau si profond. Je peux encore sentir le pouvoir qu’il avait dans ce genre de communication. J’étais un jour venu lui rendre visite. À l’époque, papa pouvait encore marcher avec une canne. J’étais assise sur d’accoudoir d’un fauteuil disposé près de la porte d’entrée avec, sur les genoux, mon fils qui était tout petit. Nous bavardions. Papa marqua une pause, me regarda intensément et dit: « ne laisse pas l’enfant s’approcher du prochain patient ». Je voulu savoir pourquoi et il répondit avec impatience: « parce que je l’ai dit ». « Je pensais, bon, je suis la mère de l’enfant, et il est si adorable qu’il n’y a aucune raison qu’il soit tenu éloigné de quiconque dans la maison de ma propre famille. Je demandais donc à nouveau: pourquoi ? Papa se tenait debout à trois mètres de moi, appuyé sur sa canne. Il ne bougea pas. Je suis absolument certaine qu’il ne changea même pas de jambe d’apui. Il ne fit que me regarder. Je sentis immédiatement qu’une sorte de force me frappait et serrai instinctivement mon fils sur mon cœur en me penchant sur lui pour le protéger ».  »  Voilà pourquoi  » dit-il. J’étais abasourdie – je le suis toujours. C’est mon père, qui marchait avec une canne. Il se tenait à trois mètres de moi et j’étais juste à côté de la porte d’entrée. Et cependant, sans bouger, il me fit éprouver une frayeur telle que je protegeai instantanément mon fils d’une menace que j’avais clairement perçue: « comment as-tu fait cela? », demandais-je, stupéfaite. Il se borna à rester sur place. Je lui demandais à nouveau: « papa, comment as-tu fait cela ?  » Il répondit: « si tu as besoin de poser la question, je ne peux m’expliquer. « À l’évidence, il savait de quoi je parlais, puisqu’il n’avait pas dit: « fait quoi ».  Dr. Adam Buapua

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