Les Africains ont une responsabilité dans la traite des Noirs

Il fait beau, il fait triste. Il y a Gorée, où saigne nos cœurs. Lieu de mémoire de la traite sur les côtes occidentales de l’Afrique, l’île de Gorée sera-t-elle à jamais la larme qui coule sur la joue balafrée du continent? Dans son dernier ouvrage «Le sanglot de l’Homme noir». Je ne conteste pas les souffrances qu’ont subies et que subissent encore les Noirs. Je conteste la tendance à ériger ces souffrances en signe d’identité. La traite des Noirs est une honte pour l’humanité. Un crime contre l’humanité. Qu’elle soit le fait des Européens, via l’Atlantique. Ou des Arabes, via le Sahara ou Zanzibar. Pourtant, il serait inexact d’affirmer que le Blanc capturait tout seul le Noir pour le réduire en esclavage. La part de responsabilité des Noirs dans la traite négrière reste un tabou parmi les Africains, qui refusent d’ordinaire de se regarder dans un miroir. Ce passage, de rappel constitue un des piliers des ouvrages tant négliger. Il est peu remarqué par les commentateurs à l’heure pourtant où l’Histoire (avec un grand H) des Noirs de s’écrit, où les ouvrages et les articles se multiplient sur l’esclavage et la traite. A l’heure où la nouvelle Afrique émergente est moins encline à jouer le rôle de victime (de la traite, de la colonisation ou du capitalisme occidental) pour devenir un acteur incontournable dans le monde. Aujourd’hui les africains sont un milliard et en aura deux milliards en 2050. Que le monde le veuille ou non, il faudra compter avec le continent. Jamais l’humanité n’aura connu une telle explosion démographique dans un laps de temps aussi court. Avec un habitant sur deux ayant moins de 20 ans, l’Afrique doit-elle toujours ressasser le passé de la traite et de l’esclavage? Ou mettre l’accent sur des figures plus positives, de résistants à la traite, aux colonisateurs ou aux dictateurs africains? L’Afrique peut-elle également  accepter avoir eu en son sein des «négriers»?  Question: «faut-il sans cesse nier que pendant ce trafic les esclaves noirs étaient rassemblés puis conduits vers les côtes par d’autres Noirs ou par des Arabes ?». Je serai pas le premier à pointer du doigt la responsabilité africaine dans l’horreur de la traite. L’histoire africaine, soulignant que les horreurs de l’esclavage existaient sur le continent bien avant l’arrivée des Blancs. Devoir de mémoire:  en appelant les Africains à faire leur «devoir de mémoire», va sûrement heurter les bonnes consciences. La traite négrière constitue un sujet sensible. En France, l’esclavage a été supprimé une première fois en 1794, après la Révolution. Mais n’a été définitivement aboli qu’en 1848. L’esclavage et la traite n’ont été reconnus par la France comme crimes contre l’humanité que depuis une loi du 10 mai 2001. Dix ans plus tard, le président français Nicolas Sarkozy, qui a des choses à se faire pardonner en Afrique après son calamite déclarait: «la traite et l’esclavage furent les premiers crimes contre l’humanité. Cet esclavage fut pire que celui de l’Antiquité car il ne trouva pas seulement sa justification dans l’appât du gain mais aussi et même d’abord dans le racisme». Dr. Adam Buapua

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