Les compotementalistes

Se réclament des neurosciences, les thérapies cognitives et comportementales ( TCC ) ont fait irruption sur la scène « psy » il y a quelques années. Les tenants  de cette approche sont en train de conquérir tout les bastions universitaires autrefois tenus par des psychanalystes. Ces méthodes ne forment pas un continent unifié mais elles ont un certain nombre de points communs: elles visent à  guérir  le symptomes neuropsychique sans se préoccuper de son origine. Elles ne contestent pas que cela peut conduire à un simple déplacement mais elles font remarquer que certains symptômes sont plus invalidante que d’autres. Elles se préoccupent de l’aspect physiologique du symptôme: par exemple, dans le cas des addictions, elles affirment que, passé un certain temps, il y a une modification permanente du fonctionnement neurologique et que, par conséquent, tout traitement purement « psychologique » est inopérant. Elles n’hésitent donc pas à  utiliser des médicaments psychotropes. – Se voulant « scientifiques », elles cherchent à valider leurs protocoles de traitement. Elles en tirent bien sûr argument contre leurs adversaires. Comme certains thérapeutes psychocorporels, comme tous les behavioristes, les comportementalistes ne s’intéressent pas à l’histoire de leurs patients mais seulement aux symptômes à réduire, aux comportements qu’ils peuvent voir, d’écrire et qu’ils veulent modifier. Seule la technique diffère: ce n’est plus un message ou une action directe sur le muscles mais un apprentissage neuronal censé créer de nouveaux frayages dans le cerveaux. Il est impossible de constater le succès des comportementales dans certains cas: traitement des TOC ( trouble obsessionnels compulsifs ), addictions, névroses obsessionnelles. Il serait tout aussi malhonnête de nier l’apport des médicaments psychotropes. Toutefois, il est permis de se demander si ce parti-pris résolu d’un point de vue médical permet de couvrir tout le champ de la psychothérapie. Derrière cette position techniciste, il y a un a priori philosophique  ou épistémologique qui n’est pas explicité. Considérer toutes les psychopathologie qui n’est pas explicité. Considérer toutes  les psychopathologies comme des maladies est en fait un point de vue dualiste: il y a d’un côté les maladies qui se traduisent par un dysfonctionnement du corps ou  du cerveau, ce qui revient  au même  et de l’autre côté la réflexion humaine, la liberté et tous les « grands » problèmes qui relèvent de l’esprit… Ce point de vue est  aussi naïf qu’il paraît évident à première vue. On se doute que, pour nous, les choses ne sont pas aussi simples. On peut aussi remarquer que la référence aux sciences cognitives fait penser à une sorte de hold-up. Ces dernières ne se limitent pas, et de très loin à des considérations de comportement. En particulier, depuis peu, elles empietent dans des domaines jusque là réservés à  l’anthropologie, elles prennent en compte les émotions, elles tentent de rendre compte de la conscience… En fait, elles ont l’ambition de décrire le fonctionnement du psychisme, comme l’exprime très clairement les linguistes. Je tiens à souligner que « le point de vue cognitiviste ne considère pas le comportement et ses produits comme son objet de recherche mais comme autant de données susceptibles de fournir des indications sur les mécanismes internes de l’esprit”. Je souligne que les neurosciences dérangent mais peut-être pas de la façon qu’on croit; si on les prend au sérieux, elles nous obligent à remettre en question des préjugés très ancrés dans nos croyances communes, celles qui guident nos actes de tous les jours. Dès le début du XIX siècle, des philosophes ont contesté la base de la philosophie classique, essentiellement Platon et, plus tard, la physique et tout récemment les neurosciences ont fourni quelques pierres à cet édifice en construction.

Dott. Adam Buapua

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