Le sensations et sentiments

Le vécu peut être constitué de perceptions, d’images, ou de pensées. Je commence par les perceptions. Les perceptions peuvent être de l’ordre des sensations ou bien des sentiments. Quelle est sa différence?  Ce qui, croyons-nous, caractérise le sentiment, c’est qu’il est créé par l’autre à qui je prête une certaine intention. Le sentiment est une affaire à deux personnes qui sont engagées l’une envers l’autre, qui se font quelque chose l’un à l’autre qui peut être: la colère, l’agacement, le mépris, l’amour, la tendresse sont des sentiments envers une personne et suscités par elle. Si j’éprouve l’un de ces sentiments, je suppose, à tort ou à raison, que l’autre souhaite d’une manière ou d’une autre me le fait éprouver; du moins me poserais-je la question de son intention. Au contraire, la sensation est purement organique et, en tant que telle, émotionnellement neutre. Bien sûr, elle est provoquée par une stimulation extérieure en général mais, a priori, cette cause n’a pas d’intention: par exemple la sensation de chaud ou de froid, la sensation que crée un tissu doux ou celle d’une surface dure et rugueuse. Ces dernières sensations sont relatives au toucher mais nos cinque sens nous ouvrent à une grande variété: les parfums, les aliments, les sons, les images nous donnent accès à des univers d’une immense richesse. Et ces univers sont d’abord  des univers de sensations. Dans un deuxième temps, ces sensations peuvent être accompagnées par des sentiments, des émotions, des images intérieures et un flot de pensées mais en premier lieu, il y a quelque chose de purement organique, une perception sans sentiment, sans image, sans pensée.

Sensations unaires

Dans beaucoup de cas, le rapport entre la sensation et sa cause immédiate n’a aucun mystère: par exemple, se brûler en touchant un plat chaud, se piquer à une epine. D’autre part, il est toute une gamme de sensations qui, en elle-même, n’ont pas de pertinence dans une psychothérapie, sauf à titre de réminiscence. On connais l’histoire de madeleine de Proust. Personnellement, il me souffit de penser à mon enfance et au dimanche matin qu’on égorger un coque!  Dans la famille aussitôt dans la bouche un délicieux goût « tshiluabeni » très attendu dans la semaine! Le lecteur devinera sans peine c’etait l’ordinaire du souper dominical et que j’adorais ça. Bien entendu, de telles sensation-réminisscences peuvent se manifester dans le courent d’une psychothérapie; elles s’intègrent dans un récit de vie et ne posent pas difficultés en tant que telles. Mais il existe d’autres sortes de sensations qui ont un intérêt particulier quand elles se manifestent dans une séance. A priori, cela est plutôt inattendu: les lieux de thérapie sont en générale assez sobres, le psychothérapeute est très peu « actif » avec sont patient. Il l’ecoute mais agit peu. Il ne devrait donc guère y avoir de sensations nouvelles, créées par ce qui se passe dans une seance. Or, j’ai dèjà fait remarquer que nombre de thérapisants temoignent exactement du contraire et que ce n’est pas non plus mon expérience de thérapeute. En ce qui me concerne (et seulement dans certains cas), des sensations étranges envahissaient notre champ énergétique de manière impromptue. Une fois passée la tentation de les igniorer parce qu’elles me semblaient peu pertinentes dans un cadre thérapeutique. Elles m’ont apparues très intéresantes, je conduit à ma théorie des trois formes et à un diagnostic structurel des patients avec qui ces phénomènes survenaient.

Dott. Adam Buapua

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