Lamuka : lumières sur la myopie des rois fainéants de Genève.

Lamuka : lumières sur la myopie des rois fainéants de Genève.
Sept opérateurs politiques se sont retrouvés à Genève, le mois dernier, pour, selon ce qu’on avait laissé croire à l’opinion, se choisir, parmi eux, un candidat commun de l’opposition aux élections présidentielles du 23 décembre prochain. 
A la surprise générale, et comme si l’élection présidentielle était un concours pour dénicher le gars le plus branché et le plus beau de la classe, les « leaders » nous tirent Martin Fayulu du chapeau.
Le choix inopérant dure moins que le temps d’une rose : l’espace d’une soirée. En effet, l’Udps et l’Unc font capoter l’imposture. 
Mais, c’est quand même trop facile, tout ça, pour Tshisekedi et Kamerhe. Comment s’engagent-ils en « âme et conscience », et retirent-ils crânement leurs signatures moins de vingt-quatre heures plus tard?
Pour répondre à cette question, il faut écouter les protagonistes eux-mêmes. D’abord ceux qui ont retiré leurs signatures. Kamerhe parle du changement du mode de désignation, passé, comme par enchantement, du consensus au vote. Tshisekedi se dit avoir été grugé (attiré dans un traquenard où il s’est fait dépouiller par ruse).
Fayulu est, sans doute le mieux placé, pour expliquer comment, alors qu’il ne remplit qu’un critère sur les huit arrêtés en Afrique du Sud, il est sorti candidat commun de Genève. 
A Fabien Kusuanika qui veut comprendre comment il n’a pas tenu le deal conclu avec son allié Félix Tshisekedi à qui il n’a pas renvoyé le vote, le candidat de Lamuka parle de stratégie en vue d’atteindre son objectif. On a parlé de trahison, mais sans dire où et par qui elle a commencé. 
Pas besoin de chercher loin. C’est encore Fayulu qui explique tout à un autre de ses alliés,  Vidiye Tshimanga, qui n’en revient pas que « le fils Tshisekedi » soit allé competir contre son frère. 
« Quand Bemba et Katumbi m’ont parlé, j’ai compris que c’était la chance de ma vie. Toi tu sais mieux que quiconque que je suis celui qui me suis le plus battu et ai le plus souffert dans ce combat. C’est ainsi que j’ai décidé de me présenter ».
Ne me demandez pas ce que Vidiye à pris comme antalgique pour calmer les céphalées créés par une telle révélation de son frère Martin. 
Mais pourquoi Fayulu? C’est le moment de faire intervenir Adolphe Muzito. Dans une vidéo Top Congo (à visionner sur la précédente publication de ma page), l’ex premier ministre explique à Thierry Kambundi qu’ils voulaient tous bien de Félix Tshisekedi comme candidat commun et ont même passé trois jours à le supplier d’accepter le rôle. Mais c’est plutôt Tshisekedi qui n’en a pas voulu. 
Comment?
Muzito explique que le candidat devrait porter le combat contre le processus électoral à expurger de la machine à voter et du fichier électoral corrompu. Et Muzito fait bien comprendre que le candidat devait absolument bloquer l’organisation des élections jugées non inclusives.
Donc, le candidat commun était le porteur du boycott des élections. Le rôle que Tshisekedi n’a pas voulu jouer pour deux raisons que Muzito donne : la malheureuse expérience de l’Udps face aux différents appels au boycott lancés précédemment : en 2006 contre le référendum et les élections générales; en 2011 contre l’assemblée nationale. Si en 2006 le peuple n’a pas répondu à l’appel d’Étienne Tshisekedi, en 2011, ce sont carrément ses propres députés, dont Fayulu, qui ont ignoré le mot d’ordre du Lider Maximo. 
Et la deuxième raison qui fait décliner l’offre à Tshisekedi, est, toujours à écouter Muzito qui continue de citer le président de l’Udps, l’absence totale de stratégie sur ce qui devrait être fait si Lamuka échouait à empêcher la tenue des élections.
Mais comment Tshisekedi ne s’est-il pas retiré à ce stade-là? 
C’est Kamerhe qui répond : « Nous avons eu pitié de nos amis injustement disqualifiés, mais eux nous ont trahis et se sont moqués de nous ».
Bien qu’ayant raison, Tshisekedi a donc mis de côté ses propres convictions par solidarité avec ses « amis » invalidés. 
Mais tels des rois fainéants merovingiens, les amis de Tshisekedi n’ont pas apprécié la dure épreuve de réflexion à laquelle Fatshi les a soumis pendant trois longs jours.
C’est sûrement en ce moment qu’ils amorcent Fayulu, qui, avec Matungulu, joue Kamerhe contre Tshisekedi qui n’y voient que du feu. 
Les pauvres. Ils avaient déjà signé le fameux accord de Genève, ci attaché, et n’ont recouvré leurs esprits que grâce à l’opposition de leurs bases.
Bis repetita du stock d’injures  pour Tshisekedi, qui, une dizaine des jours plutôt, avait déjà fait insulter, non seulement sa propre personne, mais aussi son père, sa mère et son ethnie, pour avoir réaffirmé sa décision d’aller aux élections avec ou sans machines à voter et le fichier corrompu de la ceni.
Il avait alors été traité de traître  acheté par Kabila à trois millions des dollars.
Après Genève, son père, sa mère et son ethnie en ont encore pris une couche. On a entendu des appels au refoulement des baluba à Mbuji Mayi et à leur épuration par immolation par le feu.
Et tout ceci dans l’indifférence totale de ceux qu’une certaine portion du peuple tient pour leaders. Si on peut concéder que chacun a  le coeur qu’il peut, on ne comprend pas le calcul de quelqu’un qui veut être élu contre le candidat de l’État mais qui en même temps laisse se faire vouer aux gémonies une population électorale de plus de dix millions de personnes. 
Katumbi a appelé ses « frères » de revenir à la raison, comme s’ils avaient perdu leur bon sens. Bemba les a traités d’irresponsables. Et mêmes des étrangers ont appelé Tshisekedi et Kamerhe au téléphone pour les …menacer ! 
Ces étrangers dont Tshisekedi ne dit pas grand chose sont les miniers, dont principalement Glencore, une société en froid avec la kabilie, et ayant mailles à partir avec la justice britannique et ailleurs.
Imaginez donc l’embarras de Bemba et Katumbi qui avaient déjà vendu monts et merveilles à leurs amis investisseurs miniers.  Tshisekedi et Kamerhe ont été jugés très loin d’être des hommes d’Etat et donc pas faits pour postuler à la fonction de président de la république. 
Un homme d’État ne retire pas sa signature une fois engagée. Et il ne craque surtout pas face à la pression de sa base. Sinon, il risque aussi de battre en retraite devant la pression du peuple une fois élu, et revenir sur des engagements internationaux.
Les leaders Lamuka ont présenté les deux autres comme des bras cassés à qui aucun investisseur ne ferait confiance. Alors qu’eux allaient relancer le pays une fois leur champion élu. Ce dont ne doutait pas un seul Katumbi, qui se disait grand stratège qui n’echouait jamais. 
Promesse de campagne à l’américaine pour porter Fayulu à la magistrature suprême. 
Et pour cela, il faut faire sauter la machine à voler et amener Nangaa à nettoyer son fichier électoral. Sinon, Fayulu allait appeler le peuple à empêcher l’installation des machines dans les bureaux de vote. 
Et puis Fayulu a fait le Congo profond. Partout,  sa base, pardon, « le vrai peuple », lui a demandé d’aller aux élections, avec ou sans machines à voter, et que eux, le vrai peuple (pas ces fanatiques de l’Udps et de l’Unc), allaient le voter. 
Problème, l’accord de Genève est opposé à la participation à l’élection de Nangaa en l’Etat. Et les leaders Lamuka ont signé un acte d’engagement dans lequel ils se promettent l’opprobre nationale et la fin de carrière en cas de trahison de l’accord.
Il faudrait relever que l’accord est signé avant la désignation du candidat commun et ne reprend pas le nom de ce dernier qui n’est que le porte-parole du combat pour le triomphe des principes arrêtés dans l’accord. 
Jusqu’à la semaine dernière,  Fayulu, qui passe pour être le gardien du temple, se disait homme à ne pas aller aux élections avec le bidule de Nangaa et le fichier corrompu.
Du coup, la logique Lamuka devenait de plus en plus illisible.  D’autant plus qu’aucune banderole n’est exhibée, aucun spot radio ou télé n’est diffusé, aucune marche n’est faite pour exiger le retrait de la machine à voter et le nettoyage du fichier électoral.
Aussi, l’opinion se demande ce que fait l’électeur Lamuka le 23 décembre s’il trouve la machine à voter dans le bureau de vote?
La réponse de demander le bulletin papier n’ayant pas résisté longtemps, Lamuka nous dit, depuis 24 heures, à travers Fayulu et Kamitatu, avoir enfin compris que la machine à voter n’était finalement qu’une imprimante, et qu’elle n’interviendrait pas dans le comptage de voix. 
Et cette compréhension, ils la devraient à Nangaa qui aurait changé son langage. 
Fayulu et Kamitatu savent bien que la machine à voter ne peut  pas être une simple imprimante. Mais plutôt un ordinateur où sont stockées les données des candidats et des électeurs – dont le fameux fichier électoral corrompu. Ils savent aussi que c’est sur la machine à voter que l’électeur devra opérer le choix du candidat, et que c’est la mav qui imprimera le bulletin de vote que l’électeur glissera dans l’urne. Ils n’ignorent pas non plus que c’est encore la mav qui imprimera les procès-verbaux.
Entre le courage de reconnaître avoir échoué à anticiper le rejet du boycott par le peuple, et l’humilité d’avouer que Félix Tshisekedi avait eu une longueur d’avance sur eux, Fayulu et Kamitatu ont préféré la facilité de la lâcheté de se couvrir derrière une feinte ignorance.
Depuis 24 heurs, leurs  lieutenants et eux s’évertuent à expliquer la mav mieux que Nangaa et Kalamba. Mais curieusement, ils ne disent rien, ni sur le fichier corrompu, ni sur le défaut d’inclusivité.  
Orgueilleux et dictateurs, ils préfèrent passer pour ignorants plutôt que ne surtout pas laisser les gens croire un seul instant qu’ils auraient, eux aussi, comme Kamerhe et Tshisekedi,  cédé sous la réalité du terrain, sous la pression de la base.
Ils peuvent toujours, dans leur arrogance, prendre leur base pour de parfaits nigauds,  pour qui ils veulent se faire passer eux-mêmes, mais ils ne pourront pas se défaire de leur opprobre librement promise dans l’accord de Genève, pour avoir levé l’option d’aller aux élections alors que rien n’a changé.
Alors qu’ils n’ont pas, au préalable, comme l’exige le point 11 de l’accord, tenu une réunion de modification de ses termes, et décidé, à l’unanimité et par consensus, de nouvelles dispositions. 
A moins qu’ils aient jugé cette réunion inopportune, aucune motivation sérieuse ne pouvant être avancée pour soutenir le changement de cap, Nangaa n’ayant retiré ni la mav,  ni le fichier corrompu. 
A la place de Tshisekedi,  j’exigerais des excuses de la part de Lamuka pour toutes les injures. Et l’opinion a aussi bien le droit de demander à Lamuka combien ses leaders ont touché comme corruption auprès de Kabila pour trahir l’accord de Genève.
La base de Lamuka n’est pas aussi bête que les leaders Lamuka veulent le faire croire. Elle doit avoir compris que les super diplômés et expérimentés n’ont pas de vision qui permet l’anticipation des événements, ni la bonne perception de la réalité présente pour lever l’option adéquate. Ces gens manquent tout simplement d’intelligence pratique et sociale. 
La preuve s’il en était que n’est pas leader qui veut, l’intelligence et la vision ne s’acquérant pas à la Sorbonne, ni au MIT, ni à Harvard.
Ils sont après tout libres d’aller aux élections. Mais pour quels résultats? Ils n’ont pas formé des temoins, ni mené une campagne de proximité. 
Qui veillera à leurs votes? Quels sont leurs fiefs électoraux quand ils ont été battus à l’affluence à Kinshasa, Goma, Bukavu et Kisangani. Alors qu’on comptait sur eux pour faire plier doublement la Kabilie au Katanga, ils n’ont pas été capables de mettre un million des personnes sur le boulevard MSIRI. Dix mille francs et un polo ne couvrent pas des risques contre les tirs à balles réelles, gaz lacrymogène et eau chaude. Ni de simples goutes de pluie. 
Ils ont bien vu que quand on arrive à mettre un million des personnes dans la rue à Mbuji Mayi, Kananga et Lubumbashi, les policiers se font la courte échelle pour admirer les vrais leaders. Alors que leur fameux « roi de l’Est » est resté bloqué pendant trois jours à Goma sans susciter la moindre protestation de ses « sujets ».
Paresseux dans l’effort de réflexion et du travail de terrain, ces gens n’ont en plus aucun cran, aucun courage, aucune sensibilité. 
Un ami me disait ce matin qu’il s’il était chirurgien, il leur ouvrirait bien le thorax pour se rassurer qu’ils avaient bien un coeur dans la poitrine et non une calculatrice. 
L’électeur Lamuka, l’électeur tout court, aura remarqué que les super diplômés et expérimentés ont rejoint, après perte de temps,  moqueries et injures gratuites, le sans diplôme et sans expérience dans le schéma que ce dernier leur avait proposé plus tôt. 
Il appartient à l’électeur de l’opposition, à l’électeur Lamuka, et à l’électeur tout court, qui se reconnaît en Étienne Tshisekedi pour sa constance et sa clairvoyance, de décider en lequel des fils Tshisekedi,  Fayulu ou Tshilombo, il retrouve le leadership du TOMALANDA.
Et c’est celui là que l’électeur devrait choisir, plutôt que de confier les cinq années du pays à venir à la myopie des rois fainéants de Genève qui ne savent pas ce qu’ils comptent faire de vos voix.
Déjà que même pour cette élection,  c’est encore une tour de Babel à  Lamuka. Quand Fayulu et Kamitatu vulgarisent la Mav, Kalombo ne veut rien entendre de la maudite machine. 
S’ils ne savent même pas se mettre d’accord entre eux, à une semaine de l’élection, pour dire à l’électeur s’il devra voter ou pas, comment s’entendront-ils demain pour gouverner ensemble si par miracle ils gagnaient l’élection? 
Mais comme il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau de bain, retenons que comme ses « frères et amis » ont rejoint Félix Tshisekedi et reconnu son leadership, il ne reste plus qu’aux électeurs Lamuka d’emboiter le pas à leurs leaders et à glisser dans l’urne, le bulletin de celui qui voit loin : Félix Tshisekedi. Monpourquoi.com 

Share

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.